A Tata Béa et Tata Blandine

Bonjour mes Unchained, la petite fille en moi s’est réveillée ce matin avec le cœur serré mais plein d’Amour, j’ai pensé à deux femmes qui m’ont ému aux larmes alors que j’étais une gamine. Je me suis dit je dois parler, je dois leur dire ce que je n’ai jamais dit. Aujourd’hui je suis Elles, je suis une femme. Vos vies ont eu impact inimaginable dans ma construction en tant que Femme alors que je n’étais qu’une enfant qui prenait ces décisions. ô combien crucial mais je l’ignorais alors.

Tata Blandine

Je me rappelle de toi comme si c’était hier, très belle, très coquette, très souriante, et surtout de ton prince charmant et de vos garçons. Toujours ensemble, la joie et la bonne humeur, et même quand les garçons n’étaient pas avec vous tonton était toujours, aux petits soins. Je ne sais plus quel âge j’avais, mais je me souviens des dîners, de votre superbe voiture…

Un jour, tout s’est arrêté, tu es venue à la maison dans un état que je ne saurai décrire, j’ai cherché ma tata, elle n’était plus, ton parfum avait changé, tes manières, ta façon de parler…j’ai appelé maman en panique….maman il y a Tata Blandine…tu m’avais reconnu mais tu ne me parlais plus…tu crachais par terre…le choc de ma vie…et ce qui m’a marqué…le plus: tu étais seule. Seule avec ton sac à main que tu serrais contre ta poitrine…Seule avec ce regard hagard…

Maman a pris soin de toi, ce soir là tu as dormi à la maison je crois bien. Les fois d’après quand maman n’était pas là tu repartais, ou tu allais à son bureau…en t’écrivant tata j’ai les larmes qui montent parce que je sais aujourd’hui que tu souffrais de dépression. Et jamais çà n’ a été ni détecté, ni soigné.

J’ai demandé à maman, qu’est ce qui s’est passé où est tonton, où sont les garçons et elle m’a dit il est parti, comment çà parti ai-je rétorqué? Elle a dû me répondre mais je me souviens juste que j’ai compris que la famille que j’aimais tant n’existait plus. Il ne restait que toi Tata et une société qui ne sait pas gérer une femme qui perd pied. Je sais que tu venais souvent à la maison, si je ne m’abuse une fois j’ai cru que tu avais demandé si ton mari était là…et après je crois que tu es allée à Yaoundé mais maman n’avait plus de nouvelles. Petit à petit tu as disparu de nos nies, je demandais toujours si elle avait de tes nouvelles, elle me disait invariablement non. Et les garçons? non jusqu’au jour où elle m’a annoncé le décès de l’un d’entre eux.

Tata Béa

Tata Béa….Tata Béa…autant pour Tata Blandine, je ne me souviens plus de mon âge, autant pour Tata Béa je sais que j’étais adolescente. Tu étais Ma Tata, vous habitiez à Bonapriso, je ne peux pas oublier. C’était toujours une bonheur de vous avoir à la maison mais aussi de venir chez vous. Les jeux dans la cour avec les filles. Les parents Albatros 🙂

Les papas devaient certainement discuter business, maman et toi Tata aviez’ pleins de projets L15, La coopérative des femmes…etc…je me souviens qu’à chaque rentrée scolaire vous faisiez des dons aux mamans moins nanties…bref jamais maman sans Béa.Mon tonton à moi, toujours agréable, il ne se fâchait pas comme papa hein, toi tu riais avec nous, et je n’oublierai pas quand tu voyais de la papaye…on avait droit à des chansons du style: papayou papayou ( hahahahahahahaha) mais vraiment Tonton tu chantonnais pour des fruits.

Et un jour gros remu ménage. Il y avait une agitation palpable, et après j’ai su que tonton, tu étais parti…! Et tata? et les filles? çà ne semblait pas un problème pour toi…du haut de mes yeux d’ado, mon cœur a été brisé, tonton tu m’as brisé le cœur et j’ai dit que je ne me marierai jamais avec un Mr capable de laisser sa famille. Je te parle avec mon cœur de petite fille ado, qui se demande pourquoi son monde à elle doit changer à cause de tes choix. Quelque chose avait changé, tu ne venais plus à la maison, Tata venait seule, on voyait moins les filles. Quelques temps après papa m’a montré ta nouvelle maison quand on allait je ne sais où, il a dit ha tiens, tonton habite là. Et j’ai pensé et MA Tata???!!! Je t’aimais et je te détestais parce que tu nous avais trahi, tu avais percé notre bulle d’Amour.

Et Tata? Ma Tata chérie avait ce peps en moins, tu avais déménagé, tu reprenais tes affaires mais quelque chose avait changé. Je te regardais en me promettant que si un jour j’ai des enfants, et qu’il m arrive un coup dur séparation peu importe la nature je devrais être en mesure de rebondir et être indépendante financièrement d’un homme. Avec le temps Ma Tata Béa avait repris des couleurs…mais était-ce vraiment réel?!

La dernière fois que je t ai vu Tata, c’était le 20 Décembre 2008 pour l’anniversaire de maman, on a ri, on a mangé et quelques jours après maman m’appelle, Tata Béa est partie…comment çà parti? elle n’était pas en forme depuis quelques jours et elle n’est plus.

Tata tu n’avais pas le droit, tu es partie en laissant tes filles, tu es partie comme çà et tu nous laisses sans explication. Je n’arrivais pas à enlever de ma tête que si des années plus tôt tu n’avais eu ce coup dur tu serais encore là, j’étais à nouveau l’ado en colère face à l’injustice que je voyais se produire. Tu es partie avec le cœur de Maman, elle n’a jamais plus été pareille mais je ne saurai expliquer pourquoi.

Où que tu sois Tata, je t’aime d’un Amour éternel. Repose en Paix.

La Femme que je suis

Nous avons tellement de modèles autour de nous qu’en tant qu’adulte nous prenons des décisions qui puisent leurs sources dans notre enfance. Et quand Tata est partie j’ai dit moi je ne mourrai pas! La femme que je suis s’est construite sur le rejet de ces situations dans sa vie. J’ai dit non et je dis non et aujourd’hui je dis oui à ma douleur d’enfant, je l’expose pour dire ces 2 Mr je vous en ai voulu, (surtout toi Tonton) et jusqu’aujourd’hui je ne comprends pas pourquoi, mais par contre l’ado en moi, n’avait pas pardonné…et c’est très étrange de t’aimer aussi.

Je vous libère de ce que vous avez semé dans mon cœur d’enfant et d’ado. Je vous libère de cette cage où je vous avais enfermés en disant “jamais!”…au lieu de “si jamais…”

Je vous libère de ce pouvoir que je vous avais donné sans même réaliser, j’étais une gamine…

De la part L’ enfant en MOI:

Chers adultes,

Rappelons nous que les choix que nous faisons, touchent non seulement nos enfants mais les enfants des autres. Dernièrement je disais que je n’ ai jamais saisi le sens profond de la phrase: fais les choses pour toi…En tant qu’adulte, je ne la comprenais pas réellement parce que l’enfant en moi a grandi en faisant attention à l’impact de ses choix sur mon entourage…parce qu’il se disait toujours: je ne veux pas faire souffrir l’autre, j’ai souffert …Alors je faisais attention à autrui (mais un peu trop je suis d’accord).

Et quand l’adulte, s’est mis à me dire que oui maintenant je vais aussi faire les choses pour moi sans regarder ce que çà impliquerait pour autrui, j’ai compris que j’allais vers une fausse route, je me suis souvenue de pourquoi je faisais attention, je me suis souvenue de mes blessures, je me suis dit non pas comme çà. Je ne suis pas celle-là. Encore aujourd’hui je me construis, je grandis, et Tout est une histoire d’équilibre.

Last but not least

Prendre le temps de faire son introspection c’est prendre le temps de se comprendre, de connaitre ses mécanismes et le pourquoi, c’est s’apprendre, s’accepter, se pardonner et s’aimer. Les blessures d’enfance ne sont pas souvent si évidentes à admettre, car elles sont nos peurs d’adultes en fait. Et on préfère les cacher plutôt que les affronter (dans beaucoup de cas). Ces 2 hERstories (et d’autres aussi) sont chevillées à mon cœur depuis si longtemps que je sais aujourd’hui d’où vient (en grande partie) mon engagement pour la reconnaissance de la Femme, et ma profonde conviction que je vais faire quelque chose de grand pour Elle. Cette volonté viscérale de leur dire et faire comprendre que: VOUS ETES puissantes et fortes.

Et si vous faites une lecture plus spirituelle de mon texte vous comprendrez ce par quoi l’ennemi (la vie) passe pour frapper dans les vies des uns et des autres et que Le Très Haut (LA VIE) utilise pour instruire, construire, restaurer.

it was Lydia Unchained about childhood.

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