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Elle n’arrive pas à se rendormir, elle jette un œil à son portable, presque 5h…

Aussi, elle se lève en se disant que faire son ménage lui changera les idées et lui fera gagner du temps dans cette journée qui s’annonçait chargée.

Elle sort de son lit.

Passe devant la change de son fils. 

Il est profondément endormi. 

Se dirige vers la cuisine.

Range la vaisselle.

Vide les poubelles, Passe la serpillière.

Lorsque que, satisfaite de l’aspect de celle-ci, elle se dirige vers le couloir qui dessert la salle de bain et les WC.

Détergent, lingettes, balai, elle ramasse le linge, tri et lance une machine. Lavabo, baignoire, elle frotte frénétiquement. Elle passe le balai dans le couloir, range les chaussures et ramasse les jouets…

Alors qu’elle se hisse sur la plante des pieds pour ranger les draps dans le placard au bout du couloir, elle entend des clés qui tournent dans la serrure de la porte d’entrée. Elle sort de sa frénésie, ses sens sont en éveil, elle est crispée, mais de l’extérieur rien n’y parait…elle continue à vaquer à ses occupations. Une porte qui s’ouvre et se ferme doucement, quelques pas et tout à côté d’elle, un bruit lourd d’une masse qui s affaisse par terre. Elle pose son regard sur cette chose, ne dit mots. Elle se contente de saisir ce sac qui vient de choir à ses pieds pour le mettre plus bas, dans le placard qui lui fait face.

Brusquement un éclat de voix. Une injonction. Une interdiction de toucher à cette chose qui jonchait le sol…ce même sol de ce même couloir qu’elle venait de ranger, nettoyer…

Un clignement d’oeil et elle était non plus face à son placard mais face à une masse qui lui arracha cet objet des mains. La communication lui avait on dit…alors elle tente une explication. Elle se dit que si son interlocuteur comprenait qu’elle venait de passer du temps à ranger peut être …Malheureusement sa voix est couverte par le son gutturale de son interlocuteur. Elle entend des mots, les mêmes, déjà entendus, déjà encaissés, virulents, violents comme pour donner des coups de poings invisibles.

Elle se dit…tout ceci pour cet objet?! 

Elle insiste, hausse la voix, se répète, rien n’y fait, les voix tonnent et les mots fusent. A l’intérieur, elle se dit à quoi bon, elle a encore d’autres pièces à ranger. Elle est fatiguée. Les doigts endoloris d’avoir saisi le sac avec force. 

Elle ne veut pas que l’enfant se réveille. Elle se dirige vers le salon, silencieuse. Elle se demande comment? pourquoi? Elle connait déjà la suite.

Elle ravale ses larmes de frustration, elle se dirige vers le salon, balai, serpillière, chiffon, elle doit finir ce qu’elle a commencé. 

Bientôt ce sont des ronflements qui s’élèvent de la pièce voisine qui vont rythmer ses va et vient. Bientôt elle aura mis dans sa tombe ce qui vient de se passer, bientôt elle arborera son plus beau sourire, bientôt elle oubliera…jusqu’à la prochaine fois.

Scène de vie.

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